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Empire USA (BD en 6 volumes), scénario de Stephen Desberg ; illustré par Griffo

  • Empire USA écrite par Stephen Desberg et illustré par Griffo. 6 volumes.

Dans quelques heures, une attaque chimique sur le soi des Etats-Unis plongera le pays dans un cycle infernal. Annulation des élections présidentielles, révision de la Constitution, restriction des libertés. Gommage que le seul homme capable de déjouer cet attentat soit sur le point de mettre fin à ses jours !
 
Cette série n'a pas su intéressé les lecteurs des Brigades du livre qui ont trouvé que le scénario n'était pas toujours très compréhensif, et qui se sont plutôt ennuyé à la lecture.

Pour vous faire votre propre avis, cliquer ici, pour pouvoir accéder à des extraits.



Aime la guerre !, de Paulina Dalmayer

  •  Aime la guerre ! de  Paulina Dalmayer

 
En 2010, guidée par Kessel et Bouvier, Hanna s'envole vers L'Afghanistan. Kaboul offre mille sujets : corruption et désert institutionnel, trafic, bavures des armées régulières et coups tordus confiés à des sociétés privées. Mais enquêter implique de côtoyer aussi les aventuriers qu'un autre genre d'ambition attire vers les régions du monde sous tension.Or Hanna aime les hommes aux manches retroussées.
Qu'ils aient un revolver dans la poche et dorment sur un matelas rempli de billets ne la dérange pas. À compter de sa rencontre avec Robert, ancien mercenaire, et Bastien, ancien agent de renseignement, le séjour d'Hanna prend une autre tournure. Les deux hommes n'entravent en rien son goût extrême pour la vérité, son plaisir diabolique à relever les contradictions. Au contraire, il suffit d'entrer dans leur sillage pour tout voir, tout comprendre, même à leur insu.
Mais près d'eux Hanna découvre que son penchant pour les hommes odieux et formidables cache une fascination pour le mode de vie qu'impose un pays en guerre. Quand les pires moments sont aussi les meilleurs. Quand on a l'impression de danser sur un volcan. Alors ne faudra-t-il pas qu'elle s'en détache ? Que l'intelligence l'emporte sur l'instinct ? Ce qu'ils vivent est homérique. Mais elle est la seule à en avoir pleinement conscience et à pouvoir le raconter. Si la passion pour la guerre ne cesse jamais de troubler la narratrice, au moins lui permet-elle d'en révéler toutes les facettes.

Les lecteurs qui ont lu ce roman ont trouvé qu'il était très bien écrit, mais il leur a manqué un petit quelque chose pour s'intéresser à l'histoire.

Monsieur Ho, de Max Ferandon

  • Monsieur Ho de Max Ferandon.

Monsieur Ho, fonctionnaire discret aux ordres de Pékin, a une routine bien huilée : du thé Long Jin, des trajets en métro et de longues journées insatisfaisantes au ministère. Un quotidien plutôt confortable, jusqu'au jour où les autorités invisibles lui confient une mission bien spéciale : partir sur les chemins de Chine pour recenser ses concitoyens. A bord d'un train tout droit sorti d'un livre d'histoire, Monsieur Ho et son fidèle chauffeur Wei Bei se lancent dans un voyage extraordinaire, à la rencontre des mille visages de l'empire du Milieu.

Une fable moderne où se croisent un passeur d'herbe aux allures de chamane, un gardien de prison rêvant de s'évader, un chef de gare qui n'a jamais vu l'ombre d'un train et une photographe amoureuse du vide... Une épopée pleine d'humour qui mènera Monsieur Ho jusque dans l'immensité de la steppe, où même les rails disparaissent. 

Les lecteurs des Brigades du livre on beaucoup aimé ce petit livre et conseillent vivement sa lecture.

Georgia, de Julien Delmaire

Parmi les auteurs invités cette année au Festival du Premier Roman de Chambéry, il y avait Julien Delmaire pour Georgia.


Georgia est l'histoire de Venance, un jeune Sénégalais, qui se retrouve travailleur sans-papiers dans une France en crise où il n'a pas sa place. Il rencontre, l'espace de quelques nuits, Georgia, une jeune femme toxicomane à la beauté ambigüe. Les deux marginaux se frôlent, se racontent, dans une parenthèse en clair-obscur où Georgia va livrer ses secrets, exhumer les trésors dérisoires de son enfance. Georgia parle et, de sa voix jaillissent des paysages : le bocage de sa Normandie natale, le Sud profond, le bayou, les champs de coton infinis.

Les lecteurs des Brigades du livre on lu ce livre qu'ils ont trouvé magnifique notamment grâce à la très belle écriture de Julien Delmaire.

Elric : le buveur d'âmes, de Fabrice Colin et Michaël Moorcock

Pour finir dans l'exploration des œuvres de Fabrice Colin, je vous présente un roman qu'il a coécrit avec Michaël Moorcock qui s'intitule Elric : le buveur d'âmes.


Prince déchu, dévasté par la mort de son aimée, Elric de Melniboné a juré de ne plus jamais se servir de Stormbringer, son épée maudite qui boit les âmes et lui procure sa puissance et sa vitalité. Accompagné de son fidèle compagnon Tristelune, Elric, abattu et mourant, part en quête de son dernier espoir : L'Anémone Noire, une plante magique ne fleurissant qu'une fois par siècle, qui pourrait lui redonner des forces. Pour la trouver, il doit gagner les ruines de Soom, une cité perdue au cœur d'une jungle inhospitalière infestée de créatures maléfiques.

Pour vous faire une meilleure idée de ce roman vous pouvez visionner le petit film qui suit.

Bonne découverte

  
"Fantasy au Petit-Déjeuner" épisode 93 from Salvek on Vimeo.

Comme des fantômes : histoires sauvées du feu, de Fabrice Colin

Poursuivons dans l’œuvre de Fabrice Colin en s'intéressant à des œuvres plus anciennes. Aujourd'hui je vais vous parler de Comme des fantômes : histoires sauvées du feu paru en 2008 aux Moutons Électriques.

Il s'agit d'un recueil de nouvelles qui nous retrace en parti le parcours littéraire de Fabrice Colin, en partant du principe que celui-ci est mort lors de l'incendie de son appartement (je vous rassure il va bien et il sera bien parmi nous le samedi 17 mai à 11 h).

Dans ce recueil de nouvelles, Fabrice Colin s'interroge : Que se passe-t-il quand un auteur abandonne ses personnages? Quand l'Alice de Lewis Carroll oublie de fêter ses cent trente ans? Quand Peter Pan entend vous faire payer ses orientations sexuelles? Que se passe-t-il lorsqu'un lecteur est pris au piège d'un cadavre d'histoire, qu'un détective devient fabriquant de spectres ou que la mort d'un poète fait surgir une forêt?

Expert en fantômes et en fées, docteur ès faux-semblants et machinations troubles, Fabrice Colin pose sur ces questions – et sur d'autres – des avis très personnels. Ce recueil de nouvelles se veut hommage autant qu'étude ; s'y dévoile une personnalité tourmentée et complexe dont les textes ici présentés ne sauraient suffire à épuiser pleinement le mystère. Suicide ou disparition? Mythomanie chronique ou soif d'histoires compulsive? La réponse, si elle existe, se trouve à l'intérieur.


Blue Jay Way, de Fabrice Colin

On continue avec les romans de Fabrice Colin, avec Blue Jay Way.


Son nom, jusqu'ici, était surtout connu des amateurs de science-fiction et de fantasy, voire de littérature jeunesse. A 39 ans, et presque autant de livres derrière lui, Fabrice Colin s'est déjà taillé une réputation de séduisant touche-à-tout, capable de rafler quatre fois le Grand Prix de l'imaginaire dans autant de catégories différentes. Mais en dépit de quelques ouvrages remarqués (dont Projet oXatan, La Malédiction d'Old Haven ou Bal de givre à New York), le Parisien attendait encore la reconnaissance que son talent appelait. Une injustice qui devrait fort heureusement être réparée après ses débuts fracassants dans le polar avec Blue Jay Way, fable survoltée sur Los Angeles et ses dangereux mirages.
Les prémices du roman - un Français fasciné par l'Amérique part découvrir l'Eldorado californien - auraient pourtant pu faire craindre le pire. Mais ce serait oublier qu'à Hollywood plus qu'ailleurs il ne faut pas se fier aux apparences. Invité à Beverly Hills par une célèbre romancière, Julien a pour mission de chaperonner son fils, Ryan, un junkie emblématique d'une jeunesse dorée et passablement désoeuvrée. Sauf que le précepteur va à son tour succomber au cycle infini des parties, ébahi par la débauche de luxe et de poitrines protubérantes. Et lorsqu'une starlette de télé-réalité dont il s'est amouraché disparaît, le french lover craint vite de passer pour le coupable idéal. D'autant que s'accumulent bientôt les morts violentes, dans une Cité des Anges incapable de dissimuler plus longtemps les démons qui l'habitent...
Blue Jay Way était le nom d'une chanson des Beatles, écrite par George Harrison en 1967 devant le panorama irréel de Los Angeles. Fabrice Colin a su en tirer une brillante variation sur la perte de repères propre à cette métropole tentaculaire. Loin de sombrer dans les clichés habituels, l'auteur de Dreamericana se frotte ainsi au plus près du mythe yankee. Et avec un sens de l'intrigue éprouvé, il nous plonge dans les entrailles de cette ville aux mille visages, taillée comme un diamant noir. Résultat : si on excepte une mise en place un peu longuette, Blue Jay Way s'avère un page-turner efficace, riche en clins d'oeil à Bret Easton Ellis et David Lynch. Et, somme toute, fort prometteur.

En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/culture/livre/blue-jay-way_1126776.html#zhpU8zj10mJHKe5a.99
 Julien, jeune Franco-Américain féru de littérature contemporaine, a perdu son père le 11 septembre 2001 dans l'avion qui s'est écrasé sur le Pentagone. Désireuse de lui faire oublier ce drame, la célèbre romancière Carolyn Gerritsen, qui l'a pris en amitié, lui propose d'aller vivre à Los Angeles chez son ex-mari producteur, afin qu'il officie en tant que précepteur auprès de leur fils Ryan. À Blue Jay Way, villa somptueuse dominant la ville, Julien est confronté aux frasques du maître des lieux, Larry Gordon, et à une jeunesse dorée hollywoodienne qui a fait de son désœuvrement un art de vivre : un monde où tous les désirs sont assouvis, où l'alcool, les drogues et les parties déjantées constituent de solides remparts contre l'ennui. Peu à peu, Julien se laisse séduire par ce mode de vie délétère et finit par nouer une relation amoureuse avec Ashley, la jeune épouse de Larry (et belle-mère de Ryan). Lorsque la jeune femme disparaît mystérieusement, il doit tout faire pour dissimuler leur liaison sous peine de devenir le principal suspect. Ce n'est que le début d'un terrible cauchemar : très vite, les morts violentes se succèdent, mensonges, trahisons et manipulations deviennent la norme, et la paranoïa apparaît comme le dernier refuge contre un réel insupportable. Julien doit savoir, pourtant, il n'a plus le choix : il fait partie de l'histoire.

Styliste hors pair, Fabrice Colin donne ici de nouveaux territoires au thriller et nous offre un roman profondément contemporain, qui dresse le portrait d'une époque où réalité et fiction ont irrémédiablement partie liée, parfois pour le meilleur, souvent pour le pire. Los Angeles, la ville où tout est filmé et où, pourtant, tout est faux, est le cadre idéal de cette palpitante descente aux enfers, doublée d'une intrigue machiavélique.

Lincoln (8 tomes), d'Olivier et Jérôme Jouvray

Lors de la réunion, du mois de février, des Brigades du Livre nous avons évoqué la bande dessinée Lincoln d'Olivier et Jérôme Jouvray.

Cette série vous présente les aventures improbables d'un cow-boy solitaire et râleur et sa rencontre tout aussi improbable avec le créateur : Dieu lui-même.

Pénible, ronchon, bagarreur et fainéant, ce cow-boy fait tout pour qu'on l'aime et Dieu a décidé d'en faire malgré tout son justicier...

Pas sûr qu'avec ce genre de crétin le monde soit sauvé ! Mais Dieu aussi a le droit de se gourer...

Les lecteurs des Brigades du livre, qui ne sont pas des lecteurs de bande dessinée, l'ont beaucoup aimés. Ils ont trouvés que sur un fonds sérieux (en toile de fonds en retrouve l'histoire des Etats-Unis), elle est très humoristique et ont donc passés en bon moment de lecture.

Pour pouvoir vous faire une idée de cette bande dessinée voici les planches 1 à 3 du tome 6





La nuit tombée, d'Antoine Choplin : dans l'ombre de Tchernobyl






« Au début, quand tu te promènes dans Pripiat, la seule chose que tu vois, c’est la ville morte. La ville fantôme. Les immeubles vides, les herbes qui poussent dans les fissures du béton. Toutes ces rues abandonnées. Au début, c’est ça qui te prend les tripes. Mais avec le temps, ce qui finit par te sauter en premier à la figure, ce serait plutôt cette sorte de jus qui suinte de partout, comme quelque chose qui palpiterait encore. Quelque chose de bien vivant et c’est ça qui te colle la trouille. Ça, c’est une vraie poisse, un truc qui t’attrape partout. »

Un peu plus de deux ans après l'explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl, Gouri revient dans le village qu'il a fui avec sa famille. Il y retrouve d'anciens amis, qui survivent tant bien que mal malgré l'isolement et la maladie, en bordure de la zone interdite. La plupart des hommes ont payé de leur personne pour ensevelir les retombées radioactives. Gouri quant à lui projette d'attendre la nuit pour se faufiler dans la zone interdit et rejoindre son ancien appartement, dans le village de Pripiat...
 

Ce roman, qui a reçu le prix France Télévisions en 2012, réussit l'exploit de n'être jamais pesant malgré la gravité de son sujet. Au contraire, il est lumineux et très humain, porté par des personnages très dignes. Antoine Choplin restitue le silence qui pèse sur les villages jouxtant la centrale, l'air épais et poisseux, les maisons abandonnées et fouillées par les pillards, créant une ambiance particulière. Le tout porté par une écriture sensible et délicate, tout en suggestion.

Ce titre est à ce jour le plus vendu de l'éditeur lyonnais "La Fosse aux Ours", et a été plébiscité par les membres des Brigades du Livre, le club de lecture de la médiathèque. A découvrir !

L'éditeur de la Fosse aux Ours à la médiathèque de Chassieu

 
Le 10 décembre 2013, Pierre Jean Balzan, l'éditeur de la Fosse aux Ours, est venu à la médiathèque de Chassieu pour une rencontre avec les membres du club de lecture Les Brigades du Livre.

L'idée était de mettre en avant cet éditeur local, et d'en apprendre davantage sur son métier et son positionnement dans le monde du livre.

La maison d'édition a été créée à Lyon en 1997, et compte aujourd'hui plus d'une centaine de titres à son catalogue. Seul à mener sa barque, Pierre-Jean Balzan publie et accompagne 4 à 6 titres par an, des traductions d'auteurs étrangers (surtout italiens) et de nouveaux talents français.

Source : http://www.rue89lyon.fr

Une discussion très conviviale s'installe entre l'éditeur et le groupe de lecteurs, les questions fusent et les réponses sont étayées. 
Pierre Jean Balzan explique notamment qu'il est un autodidacte : à 30 ans, il a démissionné de son poste de juriste pour monter sa maison d'édition. Il a commencé, avec deux manuscrits sous le bras, à démarcher une centaine de librairies, il a effectué un véritable Tour de France. Ces libraires sont aujourd'hui son socle, sa base, ils lui font confiance et permettent à la maison de perdurer.

Il raconte aussi comment il accompagne un livre. Il reçoit un à deux manuscrits par jour, par la Poste, qu'il termine rarement car beaucoup ne correspondent pas du tout à sa ligne éditorial. Il est seul à décider. Lorsqu'il sélectionne un manuscrit, il rencontre l'auteur et reprend le texte avec lui. Il lui fait signer plusieurs contrats, un contrat d'édition, un pour les droits audiovisuels, et un pour les droits numériques. Le texte passe ensuite par une correctrice avant d'être envoyé à l'imprimeur. Vient ensuite le plus dur : essayer de placer le titre en librairie et d'obtenir un peu de presse.

Sa préférence va aux romans de guerre, aux livres sur le sport et à l'Histoire. Il aime également faire traduire des classiques européens du XIXe, considérant qu'il s'agit d'un patrimoine à mettre en valeur.

En revanche, il confie sa méfiance envers le livre numérique, qui n'est pas selon lui le meilleur support pour la lecture. Il craint que son développement ne nuise au livre papier et évoque les risques de piratage. Mais au jours d'aujourd'hui, il estime que les prix élevés bloquent de toute manière le marché du numérique.

Concernant l'aspect financier, il ressent moins de pression que les grands groupes, car il a moins de charges. Néanmoins, les derniers mois ont été particulièrement difficiles
Mais quoi que lui réserve l'avenir, il ne regrette pas de s'être lancé dans l'édition et apprécie son indépendance, ses relations d'amitié avec ses auteurs.

La rencontre s'est finalement terminée au bout de deux heure trente d'échange, avec des participants qui en savent désormais un peu plus sur le quotidien d'un éditeur.

N'hésitez pas à venir découvrir les livres de la Fosse aux Ours à la médiathèque !


Dans les forêts de Sibérie, de Sylvain Tesson : partez sur les rives du Lac Baïkal


"La cabane, royaume de simplification. Sous le couvert des pins, la vie se réduit à des gestes vitaux. Le temps arraché aux corvées quotidiennes est occupé au repos, à la contemplation et aux menues jouissances. L'éventail de choses à accomplir est réduit. Lire, tirer de l'eau, couper le bois, écrire et verser le thé deviennent des liturgies. En ville, chaque acte se déroule au détriment de mille autres. La forêt resserre ce que la ville disperse."

Cet essai de Sylvain Tesson relate sa vie durant six mois, dans une cabane située sur les rives du Lac Baïkal, dans une réserve naturelle, en plein cœur de la Sibérie. Durant ces mois, il a rédigé son journal intime, qui constitue ce livre. Il nous raconte la nature, avec de fabuleuses descriptions de paysages gelés, et les rapports privilégiés qu'il noue avec les animaux. Il rapporte ses diverses activités : lire, couper du bois, partir en randonnée, contempler le paysage.
Ce livre constitue également un voyage intérieur, l'auteur réfléchit beaucoup sur lui-même et sur la société. Il expérimente la solitude et éprouve une véritable sentiment de libération à n'être plus obligé de faire la conversation. Il apprivoise le temps qui passe en le regardant filer devant lui. Il découvre le bonheur de se satisfaire d'activités simples, tandis que la vie citadine l'obligeait à courir sans cesse après des plaisirs nouveaux. Toutes ces réflexions, nourries de lectures et de vodka, sont livrées dans un style travaillé, agréable et souvent drôle. 

L'ensemble est parfois dense, à déguster à petites doses, mais à découvrir impérativement, à la médiathèque ou ailleurs ! Les membres du club de lecture des "Brigades du Livre" vous le conseillent à l'unanimité.

Les passagers de l'Anna C, de Laura Alcoba

"Le guérillero doit avoir les propriétés de la nuit. Comme elle, il doit être discret et silencieux. Avant que l’ennemi n’ait eu le temps d’en prendre conscience, il aura pris possession de l’espace qui l’entoure et se sera abattu sur lui. Comme la nuit caribéenne, qui  tombe si soudainement. Sans crier gare."

Avec ce livre, Laura Alcoba tente de reconstituer un voyage qu'ont effectué ses parents à la fin des années 1960, un voyage qui coïncide avec sa naissance. Avec quelques autres révolutionnaires Argentins, Manuel et Soledad sont partis pour Cuba où ils ont suivi un entraînement militaire en vue de prêter main-forte au Che en Amérique du Sud. L'auteure a créé un roman en partant des souvenirs de ses parents et de certains de leurs compagnons, ceux qui n'ont pas été tués dans les années qui ont suivi. Elle nous emmène ainsi de l'Argentine à Prague, puis à Paris, puis à Cuba, de nouveau à Prague, et enfin à Gênes avant de rejoindre Buenos Aires. Entre temps, ces jeunes gens auront beaucoup changé et un bébé sera né.

Vous trouverez ce titre à la médiathèque et l'auteure participe au festival Belle Latinas 2013 dans la région lyonnaise.

"Le vent de la lune" d'Antonio Munoz Molina


Fin juillet 1969 : l’homme se prépare à mettre le pied sur la lune. Dans la ville imaginaire de Magina, au cœur de l’Andalousie, un jeune garçon se passionne pour l’aventure spatiale…
Comme les astronautes prisonniers de leur capsule avant d’affronter un monde lunaire peut-être plein de périls, le jeune héros qui n’a pas encore accompli sa mue se sent entouré de dangers et se réfugie dans ses rêves, ses lectures, son monde à lui. Il déborde de désirs inassouvis, découvre le plaisir solitaire et éprouve un immense malaise car il ne se sent à sa place nulle part : ni au sein de sa famille de paysans pauvres, ni parmi ses condisciples issus pour la plupart de familles aisées.
Autour de lui, la ville de Magina se trouve elle aussi au seuil d’une ère nouvelle : le franquisme sclérosé se décompose peu à peu, télévision et machines à laver font une apparition encore timide, les fantômes du passé s’estompent, les vieilles structures de la société se craquèlent...

"L'inaperçu" de Sylvie Germain

Sylvie Germain sera présente à la prochaine édition des Assises Internationales du Roman (AIR) qui se dérouleront aux Subsistances du 27 mai au 2 juin.
Pour découvrir l’œuvre de Sylvie Germain je vous propose de vous parler de son roman L'inaperçu.
Ce roman est l'histoire d'un homme à tout faire apparemment venu de nulle part, le taciturne Pierre, qui conduit toute une bourgeoise lignée à sortir d'elle-même, à flirter avec le rien, et se réinventer jusqu'à l'illumination, incarnée par la référence constante au peintre abstrait américain Mark Rothko (1903-1970).
De l'odyssée dramatique d'un billet de loterie gagnant à une saisissante mort par fou-rire, de la gamine qui se prend pour un arbre à la vieille fille qui vient caresser pendant son sommeil les jeunes garçons, L'Inaperçu multiplie dans un jaillissant flot d'écriture scènes étranges et paraboles. Y dominent surtout de vénéneuses et magnifiques portraits de femmes : Sabine, veuve volontaire, chef de famille et d'entreprise trop courageuse pour être vraiment lisse, Marie, sa fille estropiée et imprévisible, Edith, sa belle-soeur solitaire, Céleste, la femme autrefois tondue pour avoir aimé du mauvais côté. Toutes ont aimé, souffert, en sont mortes ou ressuscitées. Et toutes ont tenté à leur manière d'arracher à l'oubli des destins qui auraient dû passer sans laisser de trace.

"Démon" de Thierry Hesse

Pierre Rotko est grand reporter. Lorsque son père lui confie, après des années de silence, l'histoire de sa famille, il éprouve comme un sentiment de défaite. Cette histoire, c'est d'abord celle de ses grands-parents, Franz et Elena, des juifs russes assassinés par les nazis à Stavropol lors de l'invasion de l'Union soviétique. C'est aussi celle de l'exil de son père, en France, en 1953. Désormais, Pierre sait qu'une page de sa vie, la page du silence et du déni, s'est définitivement tournée. Il quitte travail et amie pour entreprendre des recherches, compulser des dizaines d'ouvrages, noircir des carnets. Pour qu'enfin son histoire lui appartienne. C'est dans cette fièvre que son "démon" se manifeste, comme une voix qui lui parlerait, la voix muette de Franz et Elena. Pierre veut faire lui-même l'expérience des abandonnés de l'Histoire. Et c'est à Grozny plutôt qu'à Stavropol que Pierre décide de se rendre. Grozny, ville en guerre dans une Tchétchénie écrasée une fois de plus sous la botte russe, et qui se révèle tragiquement parfaite pour vivre l'expérience de la désolation.

"1984" de George Orwell

Etre bibliothécaire ne veut pas dire avoir lu tous les livres de la médiathèque, ni même avoir lu tous les classiques. Par contre, on essaie, de temps en temps, de lire un classique pour compléter notre culture générale et pouvoir mieux en parler.

En début d'année j'ai donc lu 1984 de George Orwell et pour faire d'une pierre deux coups j'en ai profité pour regarder le film. Et là j'ai eu un premier choc avec le livre (même si je connaissais déjà le sujet) car le texte écrit en 1948 reste encore aujourd'hui d'actualité. Ensuite j'ai eu un deuxième choc en regardant le film.


Pour ceux qui ne connaisse pas l'histoire voici le résumé : 1984, le monde est divisé en trois parties : l'Océania, l'Estasia et l'Eurasia. Ces trois nations sont en guerre. Winston, un simple employé au service de Big Brother, va commettre un crime par la pensée et vivre un amour avec une jeune femme. Winston vit dans un très modeste appartement. On découvre que la société est divisée en trois parties : le Parti intérieur, le Parti extérieur et les Prolétaires, les Prolétaires vivent dans des zones spéciales. Le maître de l'Océania est Big Brother, dont le portrait est affiché sur tous les murs et télécrans. Le visage de Big Brother est le suivant : il a une petite moustache, son visage semble vouloir rassurer mais aussi montrer une certaine sévérité. Les gens disposent chez eux de télécrans, sorte de télévision qui peut les regarder, les entendre et les réprimander au besoin (le télécran fonctionne comme une visio-conférence). L'opposant politique de Big Brother est Goldstein, qui prétend que la guerre n'existe pas et qu'elle ne sert qu'à maintenir l'intégrité du régime. Les restrictions alimentaires sont très dures, ainsi que les libertés et les mouvements des gens, sauf pour les prolétaires, qui sont considérés comme des animaux.

Les Brigades du livre - Réunion de novembre

Aux Brigades du livre en novembre nous avons fait un retour rapide sur la rentrée littéraire avec les romans suivants :

  • C de Tom MacCarthy : Roman exigent mais riche qui a été apprécié.
  • Pour seul cortège de Laurent Gaudé :  Roman qui peut se rapprocher par son thème d'un des premiers roman de l'auteur La mort du roi Tsongor. Roman très apprécié.
  • Les lisières d'Olivier Adam :  Gros coups de cœur des lecteurs et lectrices du groupe de lecture qui l'ont lu.

Ensuite nous avons évoqué les auteurs présents lors des Belles Latinas, manifestation nationale autour de l'Amérique du sud :
  • Le fourgon des fous de Carlos Liscano : roman tout autant apprecié, sur la capture et l'enfer de l'emprisonnement, en Uruguay dans les annees 70 pour raisons politiques. La perception, l'attente, le vécu de la torture. Et ce retour à la liberté, après une décennie de vie au cachot, qui s'avère être lui aussi un long et déchirant parcours. 
 
  • Des gens heureux de Luiz Ruffato : Un roman qui décoiffe. Ce roman est tout à la fois quasiment impossible à lire, merveilleux et dantesque. Dans le Minas Gerais une famille italienne, très pauvre, un pére fou à lier, une femme réduite à l'enfantement, et puis une valse endiablée de crimes, non dits, sentiments, relations... On se perd un peu à la lecture car on a du mal à savoir qui est qui, mais il suffit de se laisser faire par les mots et tous les ressentis affluent.
  • Sept façons de tuer un chat de Matias Nespolo. Un livre qui a fait débat. Ceux qui n'ont pas été touchés par ce livre sont d'accords pour dire que l'on se prend d'amitié pour les deux jeunes personnages perdus dans la banlieue de Buenos-Aires, que  la misère pousse à tuer de magistrale facon les chats pour les manger, mais ils trouvent que bien vite l'engrenage avec les deux dealers fait sombrer le roman dans le glauque avec des descriptions "gore", et que cela lui fait perdre de son intérêt.
  • Ce que je sais de Vera Candida de Véronique Ovaldés. Un livre qui a touché les lecteurs. Une lectrice décrit même le roman de la manière suivante : "Une boisson rafraichissante, un bouquet de poésie". Saga de trois femmes mères et filles dans un pays imaginaire. Ce roman est un régal, il peut faire penser sur certains aspects à une version revisité d'Alice au pays des merveilles.
  • Personnages secondaires d'Alejandro Zambra. Il s'agit du coup de cœur d'une des lectrices du groupe. Les personnages secondaires, ce sont les parents d'un petit garçon de 9 ans sous la dictature de Pinochet. Ils vivent presque une existence normale alors que dehors l'enfer rode et avale la population. L'enfant se  rend compte que quelque chose se passe mais a chaque  question on lui répond : "Mange et tais toi!". Et comme ca, mine de rien,se posent les questions fondamentales sur les engagements, la responsabilité, les renoncements,la place de la litterature, la paternité. Ce roman regorge de phrases "choc" comme "Lire, c est se cacher le visage; écrire, c'est le montrer", "Au lieu de hurler, j'écris des livres", "C'est mon livre, je ne peux pas ne pas y être". A un moment, l'enfant répond à l'instituteur qui lui demande si son père est communiste : "Mon père, il est rien" car l'enfant a conscience de la neutralité de ses parents. Plus tard, il leur reprochera "Pinochet était un dictateur vous n'étiez pas pour, mais vous n'étiez pas contre, donc vous faisiez de la politique". L'enfant comprend qu'en se plaçant à l'écart de l'Histoire, en se donnant le rôle de personnages secondaires, ses parents faisaient partie de l'Histoire malgré eux, en soutenant la dictature de par leur neutralité... Ce livre est en quatre parties, la narration est particulière, avec des paragraphes qui se chevauchent, mais c'est un pur regal.

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