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Expo 58, de Jonathan Coe



« Ici, pendant les six prochains mois, convergeraient tous les pays dont les relations complexes entre conflits et alliances, dont les histoires riches et inextricablement liées avaient façonné et continuaient de façonner la destinée du genre humain. Et cette folie éblouissante était au cœur du phénomène, gigantesque treillis de sphères interconnectées, impérissables, chacune emblématique de cette minuscule unité mystérieuse que l’homme venait si récemment d’apprendre à fissionner : l’atome. Cette vue seule lui fit battre le cœur. »

Thomas Foley, un jeune trentenaire, mène une vie paisible en Angleterre, à la fin des années 1950. Son existence bascule lorsque sa hiérarchie décide de l'envoyer à l'Exposition Universelle de Bruxelles, en 1958. Thomas défendra l'identité anglaise au travers d'un pub, le Britannia. Mais, sur fond de guerre froide, il sera avant tout confronté à la marche vers la modernité, au cosmopolitisme et aux tensions entre les différentes nations. Les quelques mois passés en Belgique lui feront entrevoir une autre existence possible.

Avec son dernier roman, Jonathan Coe nous fait ainsi voyager dans le temps et nous ramène à la fin des années 1950. Il plonge son lecteur au coeur de l'Exposition Universelle et met en valeur les relations ambiguës qu'entretiennent les nations. Il y a un petit côté "roman d'espionnage" légèrement décalé. Avec humour, il met également l'Angleterre face à ses contradictions, et notamment à son aversion pour le progrès. Thomas, son personnage est un grand naïf, et l'on s'amuse beaucoup à ses dépens, mais il suscite aussi la sympathie. Il est confronté à ses frustrations et se trouve forcé de faire des choix.

Le dernier Jonathan Coe est donc un excellent cru, dépaysant et bourré d'humour grâce à un personnage délicieusement naïf. Vous le trouverez évidemment à la médiathèque.


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Chambre 2, de Julie Bonnie : de la scène aux salles d'accouchement


"Grâce à la musique de Gabor et Paolo, j'ai compris que je pouvais être nue, aimée, dans une autre dimension. J'étais touchée par la grâce, une transe dévoilant ma peau. Je devenais un spectre, une pluie, une brume. Je donnais et je recevais. Je ne faisais plus semblant de rien. Le plaisir était réel. Avec le temps, j'ai appris à montrer beaucoup plus que mon corps. J'ai exposé mes blessures, exhibé mes émotions. J'ai dévêtu mon corps, puis j'ai déshabillé mon âme."

Dans ce premier roman très remarqué, qui a reçu le prix Fnac 2013, Julie Bonnie met en scène Béatrice, une auxiliaire de puériculture chargée d'assister les mères juste après leur accouchement. Tout n'est pas toujours rose, loin de là, et d'une chambre à l'autre, devant ces mères parfois brisée, Béatrice se remémore son ancienne vie. Lorsqu'elle dansait nue sur une scène, portée par la musique de l'homme qu'elle aimait...

Ce roman évoque l'accouchement dans toute sa difficulté, et les services de maternité au sein des hôpitaux sont décrits sans concession, dans toutes leurs imperfections. Béatrice ne se satisfait pas de la manière dont on traite les mères, du peu de temps et de moyens qu'elle a à leur accorder. Elle ne se sent pas à l'aise dans son métier, et qui n'était heureuse que sur les routes, grâce à la danse. Ainsi, c'est un roman dur mais bien mené et intéressant, avec un personnage touchant et un encouragement à vivre la vie que l'on s'est choisie. 
Julie Bonnie a utilisé son expérience de musicienne et de chanteuse pour ce roman.

La nuit tombée, d'Antoine Choplin : dans l'ombre de Tchernobyl






« Au début, quand tu te promènes dans Pripiat, la seule chose que tu vois, c’est la ville morte. La ville fantôme. Les immeubles vides, les herbes qui poussent dans les fissures du béton. Toutes ces rues abandonnées. Au début, c’est ça qui te prend les tripes. Mais avec le temps, ce qui finit par te sauter en premier à la figure, ce serait plutôt cette sorte de jus qui suinte de partout, comme quelque chose qui palpiterait encore. Quelque chose de bien vivant et c’est ça qui te colle la trouille. Ça, c’est une vraie poisse, un truc qui t’attrape partout. »

Un peu plus de deux ans après l'explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl, Gouri revient dans le village qu'il a fui avec sa famille. Il y retrouve d'anciens amis, qui survivent tant bien que mal malgré l'isolement et la maladie, en bordure de la zone interdite. La plupart des hommes ont payé de leur personne pour ensevelir les retombées radioactives. Gouri quant à lui projette d'attendre la nuit pour se faufiler dans la zone interdit et rejoindre son ancien appartement, dans le village de Pripiat...
 

Ce roman, qui a reçu le prix France Télévisions en 2012, réussit l'exploit de n'être jamais pesant malgré la gravité de son sujet. Au contraire, il est lumineux et très humain, porté par des personnages très dignes. Antoine Choplin restitue le silence qui pèse sur les villages jouxtant la centrale, l'air épais et poisseux, les maisons abandonnées et fouillées par les pillards, créant une ambiance particulière. Le tout porté par une écriture sensible et délicate, tout en suggestion.

Ce titre est à ce jour le plus vendu de l'éditeur lyonnais "La Fosse aux Ours", et a été plébiscité par les membres des Brigades du Livre, le club de lecture de la médiathèque. A découvrir !

Fête du livre de Bron : Tatiana Arfel

Lors de la Fête du Livre du Bron qui aura lieu du 14 au 16 février, je vous conseille vivement de partir à la rencontre de Tatiana Arfel.


Tatiana Arfel est une auteure que la médiathèque suit depuis son premier roman L'attente du soir qui a été un coup de coeur pour les bibliothécaires mais aussi pour une grande partie de notre public. Ce roman est l'histoire de 3 personnages au bord du monde, 3 personnages qui, sans le savoir, vont mettre des années à se trouver, à se rejoindre et à s'offrir peut être enfin, une vie digne de ce nom, emplie d'amour et de tendresse : un clown blanc, directeur d'un cirque ; une femme grise parce qu'elle n'a jamais été regardée par ses parents;  le môme enfin, un enfant sauvage, qui s'est élevé tout seul sur un terrain vague et que les couleurs, la peinture vont sauver. Cela pourrait être un catalogue de misères, c'est une marche poétique, où les couleurs et les parfums, les sensations jouent un rôle essentiel.
 


Ensuite nous l'avons suivi avec son titre suivant Des clous. Dans ce roman, elle change totalement de sujet pour aborder le monde de l'entreprise. Human Tools est une entreprise internationale de services spécialisée dans la mise en place de procédures pour d’autres sociétés. Ou plutôt : Human Tools vend du vent très cher, très côté en Bourse et très discutable. Catherine, Rodolphe, Francis, Sonia, Marc, Laura travaillent pour Human Tools. Ils en sont les clous, ils valent des clous : employés non conformes, allergiques à la cravate ou aux talons hauts, trop intelligents, trop étranges, rêveurs ou aimables, trop eux-mêmes, simplement. Nos clous vont avoir, à un moment, le choix. Liberté vertigineuse : qu’en feront-ils ?



Cette année elle vient de sortir un troisième roman La deuxième vie d'Aurélien Moreau que la médiathèque n'a pas encore, mais qui devrait arriver dans les jours qui viennent. Dans le nouveau roman elle aborde encore un autre thème : peut-on devenir quelqu'un d'autre. Rentrer du travail sans même se souvenir du trajet. Monter revérifier qu'on a fermé la porte à clé. Regarder l'heure, l'après-midi est déjà là, où est donc passé le matin ? Et le week-end dernier, on a fait quoi déjà, rien ? Instants multiples où nous n'étions pas là. Où nous cachions-nous alors, derrière combien de murailles, combien d'écrans, est-ce du temps définitivement perdu, celui qui n'a pas été vécu ? Imaginons donc.
Chez Aurélien ces absences s'étendent à toute sa vie. Il n'y est jamais, ne se souvient de rien, sauve quelques faits sur des carnets. Pourtant du dehors, Aurélien a l'air normal. Même trop normal pour être normal, commère-t-on parfois. Normopathe, finalement, rien ne dépasse et des mots blancs. A moins qu'il n'y ait possibilité d'une deuxième vie, une chance cette fois d'y arriver. A naître dans son corps, sentir dans sa peau, à jouir, à goûter.
A trouver une langue à soi pour pouvoir raconter. Il faudra quitter son existence ancienne, renoncer au calme film noir et blanc et muet. Risquer de tout perdre, habitudes et tranquillité, pour ne pas expirer avant l'heure. Quitte, ou double.

 

Si dans ces romans Tatiana Arfel aborde des thèmes différents, on peut retrouver dans chacun d'entre eux des personnages qui d'autant plus attachants qu'ils ont des failles.

Esprit d'hiver, de Laura Kasischke : pesant mais prenant !


« C’était quelque chose que Holly avait su, apparemment, au plus profond de son cœur, ou de son inconscient ou quel que soit l’endroit où ce genre d’information se terre à l’intérieur d’une femme, à son insu, pendant des années, jusqu’à ce qu’un évènement lui fasse prendre conscience qu’elle a oublié, ou refoulé, ou…Ou bien était-ce une chose qu’elle avait volontairement ignorée ? A présent elle s’en apercevait : Quelque chose les avait suivis depuis la Russie jusque chez eux ! »

"Esprit d'hiver" de Laura Kasischke, un titre de la Rentrée littéraire 2013, a fait parler de lui dès la fin de l'été dans la presse littéraire. Il met en scène une femme du nom de Holly, un matin de Noël. Elle s'est réveillée tard, avec la conviction que quelque chose les a suivis, elle et son mari Eric, lorsqu'ils ont ramené leur petite Tatiana d'un orphelinat russe une quinzaine d'année auparavant. La journée commence mal, Eric doit emmener ses parents à l'hôpital, le blizzard se lève et les invités se décommandent. Mais surtout, Tatiana ne semble plus être elle-même et accable sa mère de reproches...

Ainsi, ce roman est un huis-clos entre mère et fille. N'attendez pas d'action, c'est un roman psychologique qui fouille les rapports entre les deux personnages. Il se caractérise par une ambiance pesante, un malaise qui va crescendo au fur et à mesure que l'intrigue avance, certains évènements confinant même au surnaturel. Mais tout trouve son sens après un final bluffant, qui montre au lecteur que la clé du roman était sous ses yeux depuis le début. C'est donc un récit très bien mené, que vous trouverez à la médiathèque.

Un roman à lire de retour des fêtes de fin d'année!

Liseuses : les nouveautés ebook octobre-novembre 2013!

Les nouveautés ebook d'octobre et novembre 2013 sont arrivées sur les liseuses!


Vous y trouverez des titres pour les adolescents et les adultes.
Certains titres se retrouvent au format papier, d'autres figurent uniquement sur les liseuses. Vous découvrirez notamment des titres de la rentrée littéraire 2013.

Bonne découverte !

Les passagers de l'Anna C, de Laura Alcoba

"Le guérillero doit avoir les propriétés de la nuit. Comme elle, il doit être discret et silencieux. Avant que l’ennemi n’ait eu le temps d’en prendre conscience, il aura pris possession de l’espace qui l’entoure et se sera abattu sur lui. Comme la nuit caribéenne, qui  tombe si soudainement. Sans crier gare."

Avec ce livre, Laura Alcoba tente de reconstituer un voyage qu'ont effectué ses parents à la fin des années 1960, un voyage qui coïncide avec sa naissance. Avec quelques autres révolutionnaires Argentins, Manuel et Soledad sont partis pour Cuba où ils ont suivi un entraînement militaire en vue de prêter main-forte au Che en Amérique du Sud. L'auteure a créé un roman en partant des souvenirs de ses parents et de certains de leurs compagnons, ceux qui n'ont pas été tués dans les années qui ont suivi. Elle nous emmène ainsi de l'Argentine à Prague, puis à Paris, puis à Cuba, de nouveau à Prague, et enfin à Gênes avant de rejoindre Buenos Aires. Entre temps, ces jeunes gens auront beaucoup changé et un bébé sera né.

Vous trouverez ce titre à la médiathèque et l'auteure participe au festival Belle Latinas 2013 dans la région lyonnaise.

Les faibles et les forts, de Judith Perrignon

"Elle nous enseignait la peur, la sienne, qui me contaminait, m’envahissait, le danger s’était installé dans ma tête et ce vide avant moi est devenu peu à peu un trou devant moi."

Après plusieurs essais et un premier roman intitulé "Les chagrins", Judith Perrignon nous revient en cette rentrée littéraire avec un roman évoquant un épisode de la ségrégation aux États-Unis et ses conséquences sur notre époque. Elle révoque deux épisodes qui ont un lien entre deux : la noyade de jeunes afro-américains dans une rivière en 2010, et des émeutes lors d'une tentative d'ouverture des piscines aux gens de couleur en 1949. 

Ce roman à plusieurs voix traite le thème de la ségrégation, au centre de nombreux romans, sous un angle original. L'auteure a su trouver les mots pour restituer la violence des émeutes et la difficulté pour les jeunes afro-américains d'aujourd'hui de trouver leur voie, eux qui ont le sentiment de n'être pour les autorités "que des statistiques". Avec son style percutant et agréable, Judith Perrignon donne vie à une petite dizaine de personnages. Parmi eux, elle fait la part belle à Mary Lee, la grand-mère, celle qui a connu les deux époques, celle de la ségrégation et celle des années 2000.
Ainsi, c'est un roman bien mené, bien pensé et bien écrit, un petit coup de coeur de la Rentrée littéraire 2013, que vous pouvez emprunter dès à présent à la médiathèque.

Une part de ciel, de Claudie Gallay


"L’enfance merveilleuse, ces années qui donnent aux choses un goût si différent. C’était ça, exactement. Cette part précieuse que le temps nous gratte jusqu’à l’os." 

Ce roman nous est narré par Carole, enseignante en cuisine et traductrice à ses heures perdues. Elle pose ses valises au Val des Seuls, le village où elle a grandi. Son père, l'insaisissable Curtil, a annoncé son retour. Là-bas, en Savoie elle retrouve son frère Philippe, garde-chasse amoureux des sentiers de randonnée et sa soeur Gaby, qui vit dans une caravane en élevant une fille qui n'est pas la sienne. Tout en attendant son père, Carole se créé une petite routine au Val des Seuls et s'implique peu à peu dans la vie du village. Arrivera-t-elle à renouer avec ce frère et cette soeur qui ont du mal à la comprendre ? A aller au-delà du drame qui a marqué leur enfance ? 

En cette rentrée littéraire, Claudie Gallay nous offre ici un roman intimiste, un roman du quotidien, des petits gestes de tous les jours. Une histoire de famille et de non-dits. La nature et la montagne occupent une part importante dans le récit, avec de belles descriptions. C'est un roman contemplatif et routinier, qui comporte peu d'action. Son intérêt réside dans les relations entre les personnages et dans la vie du village auquel nous avons peu à peu l'impression d'appartenir, tout comme Carole. Le personnage de Gaby est particulièrement attachant. 

Nous vous conseillons volontiers ce roman qui célèbre les choses simples, que vous trouverez à la médiathèque.

Patients, de Grand Corps Malade


« La vie c’est gratuit je vais me resservir et tu devrais faire pareil. »

Grand Corps Malade est connu pour ses slams qu'il a développés dans trois albums studios (disponible à la médiathèque). Avec "Patients", il prend la plume afin de se raconter plus longuement. Il revient aux origines de son handicap - un plongeon dans une piscine trop peu remplie. Il raconte les mois qui ont suivi, passés au sein d'un centre de rééducation, l'accident l'ayant laissé tétraplégique, entièrement paralysé au-dessous du cou. 

Grand Corps malade nous livre un récit, un regard de l'intérieur sur le handicap. Il nous présente des gens courageux qui restent avant tout des êtres humains, avec leurs bons et leurs mauvais côtés. Il nous raconte la perte de l'autonomie, la totale dépendance vis-à-vis du personnel soignant. L'enjeu pour les patients est de regagner de la mobilité, mais surtout de parvenir à renoncer à leur vie d'avant, à se construire une nouvelle existence avec des sources de joies différentes. A faire preuve d'adaptation et de patience. 

Ne soyez pas effrayés par le sujet difficile, en aucun cas ce livre n'est lourd ou pesant. Au contraire, l'auteur insuffle de l'humour et de l'autodérision à ses souvenirs et célèbre les joies simples. Le texte n'est pas slamé, mais il est agréable à lire et l'auteur nous offre régulièrement de bons mots. Il nous propose un texte intéressant sur le point de vue médical et psychologique, qui nous ouvre la porte d'un monde inconnu aux valides et donne une belle leçon de courage. 

Vous pouvez trouver ce récit à la médiathèque, en gros caractères.

Auprès de moi toujours, de Kazuo Ishiguro : à (re)découvrir


« Je pense toujours à cette rivière quelque part, avec cette eau qui coule vraiment vite. Et tous ces gens dans l’eau, qui essaient de se raccrocher les uns aux autres, qui s’accrochent aussi fort qu’ils peuvent, mais à la fin c’est trop difficile. Le courant est trop puissant. Ils doivent lâcher prise, se laisser emporter chacun de son côté. Je pense que c’est ce qui nous arrive, à nous. »

"Auprès de moi toujours" est un roman de l'auteur anglais Kazuo Ishiguro, publié en 2005. Il met en scène Kathy, une femme d'une trentaine d'années qui plonge dans ses souvenirs et nous raconte son histoire, à la première personne. Elle évoque le lycée de Hailsham où elle a passé de nombreuses années en compagnie de ses amis Ruth et Tommy. Là-bas, ils se sentaient privilégiés et protégés du monde. Et pourtant, au fur et à mesure qu'ils grandissaient, leur malaise augmentait. Quelle était leur véritable raison d'être ? Etaient-ils maîtres de leur destin ? 

Dès le départ, ce roman est imprégné d'éléments étranges et l'on se doute que l'histoire qui va nous être contée ne sera pas tout à fait ordinaire. Les souvenirs de Kathy sont émaillés d'indices qui nous mènent peu à peu vers la fin du roman, où le mystère sera enfin entièrement éclairci. L'auteur a su créer une atmosphère particulière avec ce roman, il y a un malaise qui va crescendo. Son histoire est servie par des descriptions de qualités et des personnages peut-être un peu trop résignés à leur sort, qui montrent peu d'émotions. C'est au final un roman surprenant qui brouille les frontières du roman contemporain et du roman d'anticipation. 

Vous le trouverez à la médiathèque, ainsi que son adaptation cinématographique réalisée en 2010 Par Mark Romanek.

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"La décision" d'Isabelle Pandazopoulos


Ce livre touche un sujet vraiment particulier et dont on parle au final assez peu : le déni de grossesse.

Dans ce roman, nous découvrons Louise, une jeune fille parfaite, qui a des amies, de bonnes notes et tout ce que peut rêver une ado normalement constituée. Sauf qu’on découvre Louise alors qu’elle s’apprête à accoucher dans les toilettes de son lycée alors qu’elle même ne se savait pas enceinte, et qu’elle n’a jamais fait l’amour …

Nous découvrons Louise et son histoire à travers plusieurs personnages qui nous relatent les faits : ses parents, ses copains, le proviseur, la psy, Louise elle même … Cela donne une dynamique vraiment particulière au livre, car on découvre plusieurs points de vue, les questionnements que tous ont, mais appréhendés et formulés différemment.

Le garçon qui voulait devenir un être humain

En Islande, autour de l'An Mil....

C'est l'histoire de Leiv, jeune viking islandais, qui veut venger son père assassiné par Thornstein Gunarsson. Pour cela , il va embarquer sur le drakkar de Thornstein en partance pour le Groënland ; ce dernier est condamné à 3 ans d'exil pour son crime. Passager clandestin sur le navire, Leiv sera victime d'un naufrage et il sera alors recueilli par deux enfants Inuit, qui vont l'adopter, lui apprendre leur langue avant de le présenter à leur tribu.

Au travers de Narua et Apuluk, Leiv va être immergé dans un autre monde, un monde de paix, avec de vraies valeurs, sans commune mesure avec sa propre tribu. Leiv y découvrira les coutumes, l'art de la chasse, les dangers du froid glacial ; mais plus encore , il appréciera ce monde où règne l'humilité, le partage, l'absence totale de guerre et de violence.

Jorn RIEL nous propose une immersion dans le pays du grand froid et paradoxalement dans une communauté pleine de chaleur, "à la vie simple et digne", à tel point que l'on pourrait à l'instar de Leiv, questionner ainsi :

"Mais vous ne faites jamais la guerre ? demanda t-il ; "je ne comprends pas ce que tu veux dire" dit Apuluk. Il répéta le mot que Leiv avait prononcé en Islandais. "Ca veut dire quoi, la guerre ? ". Leiv réfléchit longuement (...) enfin, il dit : "la guerre , c'est l'absence de paix entre des gens. Certains veulent quelque chose qui appartient aux autres, et alors c'est la guerre. Et les gens continuent à se tuer jusqu'au moment où les forts gagnent". Narua ajouta : "On ne connait pas la guerre ici", dit-elle, "mais c'est peut-être parce que nous ne possédons pas grand chose. Tout ce que nous avons appartient à tout le monde, et on n'a pas la possibilité de vouloir quelque chose qui appartient à quelqu'un d'autre". (extr.)

Ce récit est aussi un immersion dans le conte, une invitation au voyage, parce que chez les Inuit, "on part en voyage quand on en a envie, et on revient quand le voyage est terminé" (extr.)

Mais alors pourquoi vouloir devenir un être humain , si on l'est déjà ? si l'aventure vous tente, mettez-donc le cap au Nord, et laissez-vous conduire : dépaysement garanti - un vrai retour aux valeurs essentielles.

NB : le terme Inuit provient du Inuktitut, qui est l'un des quatre grands ensembles dialectaux de la langue inuit, signifiant "humains, personnes".

Disponible à la Médiathèque "Côté jardin" .

Vidure de Denis Donikian

Vidures est la représentation de la vie entre allégorie et réalité de l'Arménie, métaphoriquement représentée comme une énorme décharge, placée entre le cimetière et la capitale Erevan au pied du Mont Ararat. Dans ce terrible lieu de misère physique et morale habite une humanité dolente, chiffoniers désespérés et pittoresques, emplis de vie et de sagesse. Ils représentent le peuple arménien vital et positif qui s'oppose aux représentants corrompus et immoraux de la police et de l'administration de l'Etat.

Victimes prédestinées d'une société en décomposition, après plusieurs années d'immobilisme soviétique et, à l'ouverture d'une nouvelle ère de faux libre marché, ils ont encore la force de donner un petit mais néanmoins formidable espoir pour s'opposer aux forces du mal: l'amour d'autrui, le partage et la solidarité, ancien message de l'Arménie chrétienne...

Le roman dénonce de façon plus générale des vérités trop souvent oubliées de la barbarie et de la pauvreté dans le monde, des vérités que l'on a rarement l'occasion de lire.

C'est un récit choral, avec des intermèdes de choeurs de tragédie grecque, des dialogues mordants, des coups de théâtre presque épiques et l'espoir de ceux qui tentent de résister.
 

Des fleurs pour Algernon: un classique à découvrir ou re-découvrir

Il y a certains livres qui marquent bien longtemps après les avoir lus : des fleurs pour Algernon sont de ceux-là. Ecrit par Daniel Keyes, et destiné au départ à être une nouvelle. Elle est publiée dans la magazine The Magazine of the Fantasy et Science-Fiction en 1959. Elle est transposé en 1966 en roman, qui obtient le prix Nebula (prix de fantasy et de science-fiction américain) la même année. De multiples adaptations ont été faites de l'oeuvre que ce soit en film: Charly de Ralph Nielson en 1968, que des téléfilms, un spectacle ou une pièce de théâtre en 2012, mise en scène par Anne Kessler au studio des Champs Elysées.
Charly Gordon est un arriéré mental. Il travaille dans une boulangerie et suit en parallèle des cours de lecture et d'écriture à l'Université Beekman avec Miss Kinnian. Un jour, les docteurs Strauss et Nemur lui proposent une opération révolutionnaire et encore expérimentale, qui lui permettrait de démultiplier ses facultés mentales. Celui-ci accepte et l'opération se déroule avec succès. Charly est ensuite suivi par les médecins et rédige un journal intime où il consigne ses progrès fulgurants et ses difficultés à nouer des relations avec les autres.
Une oeuvre sensible, humaine sur l'intelligence, le développement humain et les conséquences psychologiques.


"Le vent de la lune" d'Antonio Munoz Molina


Fin juillet 1969 : l’homme se prépare à mettre le pied sur la lune. Dans la ville imaginaire de Magina, au cœur de l’Andalousie, un jeune garçon se passionne pour l’aventure spatiale…
Comme les astronautes prisonniers de leur capsule avant d’affronter un monde lunaire peut-être plein de périls, le jeune héros qui n’a pas encore accompli sa mue se sent entouré de dangers et se réfugie dans ses rêves, ses lectures, son monde à lui. Il déborde de désirs inassouvis, découvre le plaisir solitaire et éprouve un immense malaise car il ne se sent à sa place nulle part : ni au sein de sa famille de paysans pauvres, ni parmi ses condisciples issus pour la plupart de familles aisées.
Autour de lui, la ville de Magina se trouve elle aussi au seuil d’une ère nouvelle : le franquisme sclérosé se décompose peu à peu, télévision et machines à laver font une apparition encore timide, les fantômes du passé s’estompent, les vieilles structures de la société se craquèlent...

"Notre-Dame du Nil" Scholastique Mukasonga

Notre-Dame du Nil est un pensionnat catholique de filles réservé à l'élite rwandaise. Seules les futures et riches filles, fer de lance de l'avenir y sont admises. Exceptions faites à quelques tutsi pour cause de quota. Ce pensionnat se veut être un havre de piété et de sérieux, tenu consciencieusement par des religieuses belges et des professeurs français. Mais le monde rattrape bien vite ce pensionnat. La haine y grandit et se distille continuellement.Veronica et Virginia, deux tutsi au milieu de la "race dominante" hutu se sentent en perdition. Rabaissées et brimées, elles tentent malgré tout de se faire une place dans ce monde où les discours politiques se transforment au fur et à mesure en actes. 
Un livre fort, qui malgré son sujet grave, ne se veut pas moralisateur. L'auteur nous montre comment le discours "de la race qui se veut dominate" intègre inexorablement la population rwandaise, jusqu'à devenir le biberon quotidien d'une jeunesse élitiste.
Egalement ce roman, en s'encrant dans l'histoire et les coutumes du rwanda, nous donne à connaître une toute petite partie de l'esprit rwandais, où les morts ont un rôle, de même que les sorciers, ou les rites. 
Une vrai plongée au coeur du rwandas pré-génocide.
Inutile de vous écrire que le livre est à la médiathèque! Bon je le fais quand même!


En plus une interview très courte de l'auteur:

Rien ne s'oppose à la nuit. Delphine de Vigan

Rien ne s'oppose à la nuit, c'est l'histoire d'une femme qui écrit sur sa mère quelques temps après son suicide. Elle revient sur son enfance dans une famille nombreuse, avec les joies, les peines et les profondes douleurs qui rythment le quotidien. Elle revient également sur sa relation avec sa mère souvent en dents de scie car celle-ci fleurte et plonge dans une folie profonde. C'est avec justesse qu'elle conte des anecdotes, qu'elle exprime ses nombreuses tentatives pour parvenir à comprendre le dernier geste de sa mère. Un livre qui touche, qui ébranle par la sincérité, la pudeur et l'opiniâtreté de Delphine de Vigan.
Cela va s'en dire que ce livre est disponible à la médiathèque, mais je vous conseille de le réserver!


"La Danseuse de Mao" de Qiu Xiaolong

Cette enquête de l’inspecteur Chen Cao va le mener de Shanghaï à Pékin pour enquêter sur la vie privée… du Président Mao. En effet la direction du Parti, affectée par le succès du livre de Li Zhisui, le médecin de Mao, qui donnait sur la vie privée de l’ancien Timonier nombre de détails croustillants, craint un nouveau scandale. La petite fille d’une ancienne danseuse et maîtresse de Mao s’est enrichie brusquement ; n’y a t-il pas un nouveau livre en préparation ? La Sécurité intérieure est sur l’affaire mais on demande à l’inspecteur Chen d’intervenir avec doigté. Dans ce roman, Chen est aidé par ses amis et des soutiens très divers : hommes politiques, entrepreneur lié aux triades, famille de son adjoint Yu… La guerre des polices n’est plus vraiment un problème. Comme dans les romans précédents, il sait réussir dans le système et n’hésite plus à utiliser certaines des armes que la morale réprouve : enveloppes, cadeaux et invitations fastueuses, chantages. C’est pourquoi il hésite à s’engager avec son amour de jeunesse, fille d’un grand dignitaire…

"Démon" de Thierry Hesse

Pierre Rotko est grand reporter. Lorsque son père lui confie, après des années de silence, l'histoire de sa famille, il éprouve comme un sentiment de défaite. Cette histoire, c'est d'abord celle de ses grands-parents, Franz et Elena, des juifs russes assassinés par les nazis à Stavropol lors de l'invasion de l'Union soviétique. C'est aussi celle de l'exil de son père, en France, en 1953. Désormais, Pierre sait qu'une page de sa vie, la page du silence et du déni, s'est définitivement tournée. Il quitte travail et amie pour entreprendre des recherches, compulser des dizaines d'ouvrages, noircir des carnets. Pour qu'enfin son histoire lui appartienne. C'est dans cette fièvre que son "démon" se manifeste, comme une voix qui lui parlerait, la voix muette de Franz et Elena. Pierre veut faire lui-même l'expérience des abandonnés de l'Histoire. Et c'est à Grozny plutôt qu'à Stavropol que Pierre décide de se rendre. Grozny, ville en guerre dans une Tchétchénie écrasée une fois de plus sous la botte russe, et qui se révèle tragiquement parfaite pour vivre l'expérience de la désolation.

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