Affichage des articles dont le libellé est Ce qu'on aime. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Ce qu'on aime. Afficher tous les articles

Expo 58, de Jonathan Coe



« Ici, pendant les six prochains mois, convergeraient tous les pays dont les relations complexes entre conflits et alliances, dont les histoires riches et inextricablement liées avaient façonné et continuaient de façonner la destinée du genre humain. Et cette folie éblouissante était au cœur du phénomène, gigantesque treillis de sphères interconnectées, impérissables, chacune emblématique de cette minuscule unité mystérieuse que l’homme venait si récemment d’apprendre à fissionner : l’atome. Cette vue seule lui fit battre le cœur. »

Thomas Foley, un jeune trentenaire, mène une vie paisible en Angleterre, à la fin des années 1950. Son existence bascule lorsque sa hiérarchie décide de l'envoyer à l'Exposition Universelle de Bruxelles, en 1958. Thomas défendra l'identité anglaise au travers d'un pub, le Britannia. Mais, sur fond de guerre froide, il sera avant tout confronté à la marche vers la modernité, au cosmopolitisme et aux tensions entre les différentes nations. Les quelques mois passés en Belgique lui feront entrevoir une autre existence possible.

Avec son dernier roman, Jonathan Coe nous fait ainsi voyager dans le temps et nous ramène à la fin des années 1950. Il plonge son lecteur au coeur de l'Exposition Universelle et met en valeur les relations ambiguës qu'entretiennent les nations. Il y a un petit côté "roman d'espionnage" légèrement décalé. Avec humour, il met également l'Angleterre face à ses contradictions, et notamment à son aversion pour le progrès. Thomas, son personnage est un grand naïf, et l'on s'amuse beaucoup à ses dépens, mais il suscite aussi la sympathie. Il est confronté à ses frustrations et se trouve forcé de faire des choix.

Le dernier Jonathan Coe est donc un excellent cru, dépaysant et bourré d'humour grâce à un personnage délicieusement naïf. Vous le trouverez évidemment à la médiathèque.


libellés : , |

Un jour j'irai chercher mon prince en skate, de Jo Witek




« C’est écrit dans les contes de fées. La fille attend, elle n’a que ça à faire dans la vie ! Un jour, ton prince viendra et il t’emmènera. Ne bouge pas, baby, et fais-toi jolie ! A cinq ans, ça a l’air vraiment cool comme programme. Hyper magique et enivrant d’attendre un prince dans une robe en tulle. A onze, ça fout vraiment les boules. Surtout quand on est une fille banale, qu’on est un peu ronde et qu’on s’appelle Fred. »

Âgée de 14 ans, Fred attend désespérément son premier baiser. Avec sa silhouette un peu enrobée, son rire bruyant, son sale caractère et son amour du skateboard, elle ne semble pas correspondre aux critères de sélection des garçons. Elle a pourtant tout essayé, y compris de renoncer à eux mais rien n'y fait, cette histoire de "premier baiser" l'obsède. Quitte à oublier parfois qui elle est.

Avec humour et tendresse, Jo Witek joue ici avec les codes et les stéréotypes des contes de fées, qu'elle dénonce en douceur. Elle livre ainsi un roman frais et pétillant sur l'estime de soi et la quête du premier baiser qui peut tourner au parcours du combattant pour les jeunes filles ne répondant pas aux canons de la mode. Le regard des autres devient primordial et peut pousser à se remettre en question. L'auteure défend ici l'idée que nos différences sont des forces, et qu'il faut les assumer.
Malgré un deuil qui a son importance dans l'histoire, le ton humoristique domine et ce roman transmet une bonne dose de confiance en soi, à conseiller à toutes les jeunes filles dès 13 ans ! Il est disponible à la médiathèque.

La nuit tombée, d'Antoine Choplin : dans l'ombre de Tchernobyl






« Au début, quand tu te promènes dans Pripiat, la seule chose que tu vois, c’est la ville morte. La ville fantôme. Les immeubles vides, les herbes qui poussent dans les fissures du béton. Toutes ces rues abandonnées. Au début, c’est ça qui te prend les tripes. Mais avec le temps, ce qui finit par te sauter en premier à la figure, ce serait plutôt cette sorte de jus qui suinte de partout, comme quelque chose qui palpiterait encore. Quelque chose de bien vivant et c’est ça qui te colle la trouille. Ça, c’est une vraie poisse, un truc qui t’attrape partout. »

Un peu plus de deux ans après l'explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl, Gouri revient dans le village qu'il a fui avec sa famille. Il y retrouve d'anciens amis, qui survivent tant bien que mal malgré l'isolement et la maladie, en bordure de la zone interdite. La plupart des hommes ont payé de leur personne pour ensevelir les retombées radioactives. Gouri quant à lui projette d'attendre la nuit pour se faufiler dans la zone interdit et rejoindre son ancien appartement, dans le village de Pripiat...
 

Ce roman, qui a reçu le prix France Télévisions en 2012, réussit l'exploit de n'être jamais pesant malgré la gravité de son sujet. Au contraire, il est lumineux et très humain, porté par des personnages très dignes. Antoine Choplin restitue le silence qui pèse sur les villages jouxtant la centrale, l'air épais et poisseux, les maisons abandonnées et fouillées par les pillards, créant une ambiance particulière. Le tout porté par une écriture sensible et délicate, tout en suggestion.

Ce titre est à ce jour le plus vendu de l'éditeur lyonnais "La Fosse aux Ours", et a été plébiscité par les membres des Brigades du Livre, le club de lecture de la médiathèque. A découvrir !

Juste une ombre, de Karine Giebel : frisson garanti !




« Un jour, tu te retournes et tu vois une ombre derrière toi. À partir de ce jour-là, elle te poursuit. Sans relâche. Juste une ombre. Sans visage, sans nom, sans mobile déclaré. On te suit dans la rue, on ouvre ton courrier, on ferme tes fenêtres. On t'observe jusque dans les moments les plus intimes. Les flics te conseillent d'aller consulter un psychiatre. Tes amis s'écartent de toi. Personne ne te comprend, personne ne peut t'aider. Tu es seule. Et l'ombre est toujours là. Dans ta vie, dans ton dos. Ou seulement dans ta tête ? Le temps que tu comprennes, il sera peut-être trop tard... »

Dans "Juste une ombre", un thriller psychologique paru en 2010, Karine Giebel met en scène Cloé, une femme de 37 ans qui touche du doigt son rêve : obtenir le siège de PDG de son entreprise de publicité. Arrogante, elle pense tout contrôler, tout maîtriser. Mais un soir, une ombre la suit jusqu'à sa voiture. Dès lors, Cloé la voit partout : elle la suit dans la rue, entre chez elle sans effraction, remplit son frigo... Personne ne la croit et Cloé commence peu à peu à perdre tout ce à quoi elle tient...

C'est un roman qui se dévore, malgré ses 500 pages ! Le lecteur est sous tension, la menace est omniprésente. On se pose beaucoup de questions, y compris celle-ci : Cloé est-elle folle ou en danger ? Malgré un personnage principal assez antipathique, c'est aussi un roman émouvant, grâce au personnage d'Alexandre, flic au bord du gouffre. Mais le plus surprenant reste la fin du roman, que l'on ne voit pas venir... Pour ne rien gâcher, Karine Giebel a une manière très plaisante de conter son histoire.

C'est donc un coup de coeur, un roman qui pourra plaire à tous, y compris à ceux qui ne sont pas familiers du genre policier. Vous le trouverez, bien sûr, à la médiathèque, et l'auteur sera présente aux Quais du Polar de Lyon, du 4 au 6 avril. 

Le journal malgré lui de Henry K Larsen, de Susin Nielsen



« Quand on est petit, on peut se balader tant qu’on veut la braguette ouverte. On peut dire aux gens toutes les choses bizarres que l’on sait. On peut chanter en public. On peut aller au parc avec un collant blanc par-dessus son pantalon et se prendre pour le Danois ou n’importe quel autre champion de la Ligue planétaire de catch. Je le sais, parce que Jesse et moi le faisions tout le temps, avant. Mais quand on grandit, tout change. On apprend qu’il est préférable de passer inaperçu. Je sais que je ne peux rien changer à mes cheveux bêtement roux ni à mes bêtes tâches de rousseur. En revanche, je peux éviter de me faire remarquer. »

La Rentrée littéraire existe aussi pour les adolescents, et le "Journal malgré lui de Henry K Larsen" de la canadienne Susin Nielsen en est l'un des titres marquants. Ce roman, primé au Canada, met en scène Henry, un jeune collégien qui a emménagé dans une nouvelle ville avec son père, suite à un évènement traumatisant dont la révélation progressive constitue le fil rouge du récit. Son psychologue l'incite à rédiger un journal intime pour extérioriser des émotions qui refusent de sortir de sa bouche, qui le poussent à se murer dans une attitude de robot. Malgré ces difficultés, Henry tente de s'adapter à son nouveau collège.

Ce roman aborde un sujet difficile et qui peut néanmoins faire partie du quotidien de n'importe quel adolescent : le harcèlement à l'école. L'auteure évoque la difficulté d'être différent lorsqu'on entre au collège. Malgré ce thème, le roman n'est jamais pesant, Henry raconte ses journées avec beaucoup d'autodérision, ce qui donne de la légèreté au récit. On suit avec plaisir son intégration dans son nouveau collège, ainsi que ses rapports avec ses nouveaux voisins. Cela donne un roman drôle et émouvant, pour les plus de 12 ans, que vous trouverez à la médiathèque.

A comme aujourd'hui, de David Levithan


« Que se passe-t-il au moment précis où l’on tombe amoureux ? Comment un laps de temps aussi court peut-il contenir quelque chose d’aussi immense ? Soudain, je comprends pourquoi les gens ont parfois une impression de déjà-vu, pourquoi certains croient à des vies antérieures : l’écho de ce que j’éprouve résonne bien au-delà des quelques années que j’ai vécues sur cette Terre. Le moment où l’on tombe amoureux semble puiser sa source des siècles, des générations en arrière – dans un passé qui s’aligne pour donner naissance à cette intersection précise, étonnante. »

Tous les matins, A se réveille dans un corps différent. Cela dure depuis 16 ans, depuis qu'il est né. Garçon ou fille, les corps habités ont tous le même âge que lui.  Il a appris à s'adapter, à ne pas trop s'attacher et à perturber le moins possible la vie de ses hôtes...jusqu'au jour où il tombe follement amoureux de Rihannon, la petite amie de l'un de ses hôtes d'un jour. Mais peut-on vivre un amour uniquement au jour le jour ?

Dans ce roman, David Levithan utilise le prétexte du changement quotidien de corps pour aborder de nombreux problèmes adolescents : le surpoids, l'envie de mort, le besoin de popularité...mais surtout l'identité sexuelle, puisque A se sent à la fois garçon et fille et aime indifférent des personnes des deux sexes. La romance de A et Rihannon sert de fil rouge au récit, et pose la question de la possibilité d'aimer au présent. Si vous n'avez pas encore envie de la lire, j'ajouterai simplement que la fin est très belle et que le style de l'auteur est agréable.

Ce roman, qui peut plaire à tous à partir de 14 ans, se trouve à la médiathèque.



Esprit d'hiver, de Laura Kasischke : pesant mais prenant !


« C’était quelque chose que Holly avait su, apparemment, au plus profond de son cœur, ou de son inconscient ou quel que soit l’endroit où ce genre d’information se terre à l’intérieur d’une femme, à son insu, pendant des années, jusqu’à ce qu’un évènement lui fasse prendre conscience qu’elle a oublié, ou refoulé, ou…Ou bien était-ce une chose qu’elle avait volontairement ignorée ? A présent elle s’en apercevait : Quelque chose les avait suivis depuis la Russie jusque chez eux ! »

"Esprit d'hiver" de Laura Kasischke, un titre de la Rentrée littéraire 2013, a fait parler de lui dès la fin de l'été dans la presse littéraire. Il met en scène une femme du nom de Holly, un matin de Noël. Elle s'est réveillée tard, avec la conviction que quelque chose les a suivis, elle et son mari Eric, lorsqu'ils ont ramené leur petite Tatiana d'un orphelinat russe une quinzaine d'année auparavant. La journée commence mal, Eric doit emmener ses parents à l'hôpital, le blizzard se lève et les invités se décommandent. Mais surtout, Tatiana ne semble plus être elle-même et accable sa mère de reproches...

Ainsi, ce roman est un huis-clos entre mère et fille. N'attendez pas d'action, c'est un roman psychologique qui fouille les rapports entre les deux personnages. Il se caractérise par une ambiance pesante, un malaise qui va crescendo au fur et à mesure que l'intrigue avance, certains évènements confinant même au surnaturel. Mais tout trouve son sens après un final bluffant, qui montre au lecteur que la clé du roman était sous ses yeux depuis le début. C'est donc un récit très bien mené, que vous trouverez à la médiathèque.

Un roman à lire de retour des fêtes de fin d'année!

Pas assez pour faire une femme, de Jeanne Benameur


« Il me sourit et je fonds. Je tends la main vers son épaule. Toucher. Toucher. Je ne sais pas comment j’ai toute cette audace. Je ne peux pas parler mais toucher, oui. Avec lui, oui oui oui. Il sourit plus fort. Il me prend contre lui, il me serre. C’est tout ce que je veux. Et que ça ne s’arrête jamais. Je découvre, je découvre. Je n’aurais jamais assez de temps pour découvrir. Ce que m’ouvre ce garçon c’est un territoire infini à l’intérieur de moi. Je n’en reviens pas. Je n’ai pas envie d’en revenir. »

En cet automne 2013, Jeanne Benameur revient avec un roman adolescent, dont elle situe l'action au début des années 1970. La narratrice, Judith, est âgée de 17 ans et fait son entrée à l'université. Elle vit dans un petit studio et échappe ainsi au joug paternel qui lui pèse terriblement. Avec Alain, elle découvre l'amour et son corps de femme, mais elle prend aussi goût aux luttes politiques. Petit à petit, Judith se montre prête à quitter le chemin suivi par sa mère et sa sœur, et à conquérir sa liberté.

Ce court roman (moins de 100 pages) est avant tout une évocation de l'amour et de la féminité, effectuée avec beaucoup de poésie. Mais Jeanne Benameur nous plonge également dans le contexte du début des années 1970, des années ou des étudiants épris de liberté tente de faire perdurer l'élan de mai 68. Porté par un personnage attachant et intelligent, et par le style très agréable de l'auteure, c'est un roman à ne pas manquer, dès 15 ans et pour les plus grands !

 

La fabrique du monde, de Sophie Van der Linden


"Ma grand-mère et ce livre m’ont tout appris de la vie. Sans elle, je n’aurais jamais rien su de la tendresse, de l’amour, de la bienveillance. Je n’aurais jamais été qu’un pauvre caillou jeté en ce monde…"

Connue en tant que spécialiste de la littérature jeunesse, Sophie Van der Linden se lance à son tour dans l'écriture avec un premier roman qui peut plaire à la fois aux adolescents et aux adultes. Mei, la narratrice, âgée de 17 ans, est ouvrière au sein de l'atelier de couture d'une usine chinoise. Son quotidien est rythmé par les commandes et la cadence des machines, la surveillance du contremaître. Elle rêve d'une vie meilleure, un rêve qu'elle touche du doigt au cours d'une parenthèse enchantée et romantique de quelques jours, à l'occasion du Nouvel An chinois.

Sophie Van der Linden plonge son lecteur dans le quotidien d'une usine chinoise, un système qui s'efforce de faire perdre toute individualité aux jeunes travailleuses. Les tentatives de révolte sont vite étouffées. Pourtant, Mei a entrevu une autre vie dans les livres et se donne tout entière à son rêve lorsque celui-ci se présente. Le retour sur Terre est brutal, et Mei fait preuve d'un entêtement qui confine à la folie... En somme, c'est un roman très prenant et émouvant, à lire à partir de 14-15 ans, que vous trouverez à la médiathèque

Tyler Cross de Fabien Nury et Brüno

Tyler Cross c'est le bad guys qu'on n'aimerait pas croisé sur sa route. Sans foi ni loi, ses seules devises sont de ne pas se mêler des affaires des autres, de rester en vie et si possible avec un beau magot. Après une opération qui finit en carnage, Tyler se retrouve avec 17 kilos de came sur les bras dans une ville de pequenauds tenue par une famille qui fait régner sa loi par l'entremise du shérif, rejeton de la famille influente.Un western noir, parfaitement maitrisé et truffé de références. Le dessin puissant et expressionniste est une jouissance à regarder et le scénario est truculent. On aimerait aimé ce bad guys, mais non aucun état d'âme. Evidemment, il croise pêle-mêle un vieux parrain de la mafia, un père tyrannique, un vieux monsieur qui n'a pas eu de chance toute sa vie, une fille jolie et intelligente mais qui se fait marcher sur les pieds, un shérif stupide et plein de cruauté et le RIO BRAVO, fil conducteur de l'histoire. Bref tous les éléments sont là pour en faire la BD de l'année, et je pèse mes mots. 

Big Crunch tome 2

Sortie du 2ème tome de Big Crunch. J'ai déjà chroniqué le 1er tome et vous pouvez relire cette chronique ICI. La bonne impression que m'avait fait le premier tome se confirme. L'histoire gagne en profondeur. De multiples thématiques sont abordées et de nombreux mystères s'épaississent, comme par exemple d'où proviennent les émergences? Qu'est-ce que c'est? Doit-on en avoir peur?
Les personnages principaux sont aussi bien traités que les personnages secondaires. Les dialogues sont denses. Les dessins en noir et blanc gardent la même patine avec un tome très bien rythmé.

Fort de leur premier exploit (cf tome 1), nos trois ados continuent sur les pas de leur père, qui est toujours aux abonnés absents. Ils s'organisent pour la prochaine émergence et avec l'aide d'un allier agissant dans l'ombre, ils vont comprendre qu'ils ne sont pas comme les autres.



Les passagers de l'Anna C, de Laura Alcoba

"Le guérillero doit avoir les propriétés de la nuit. Comme elle, il doit être discret et silencieux. Avant que l’ennemi n’ait eu le temps d’en prendre conscience, il aura pris possession de l’espace qui l’entoure et se sera abattu sur lui. Comme la nuit caribéenne, qui  tombe si soudainement. Sans crier gare."

Avec ce livre, Laura Alcoba tente de reconstituer un voyage qu'ont effectué ses parents à la fin des années 1960, un voyage qui coïncide avec sa naissance. Avec quelques autres révolutionnaires Argentins, Manuel et Soledad sont partis pour Cuba où ils ont suivi un entraînement militaire en vue de prêter main-forte au Che en Amérique du Sud. L'auteure a créé un roman en partant des souvenirs de ses parents et de certains de leurs compagnons, ceux qui n'ont pas été tués dans les années qui ont suivi. Elle nous emmène ainsi de l'Argentine à Prague, puis à Paris, puis à Cuba, de nouveau à Prague, et enfin à Gênes avant de rejoindre Buenos Aires. Entre temps, ces jeunes gens auront beaucoup changé et un bébé sera né.

Vous trouverez ce titre à la médiathèque et l'auteure participe au festival Belle Latinas 2013 dans la région lyonnaise.

Les faibles et les forts, de Judith Perrignon

"Elle nous enseignait la peur, la sienne, qui me contaminait, m’envahissait, le danger s’était installé dans ma tête et ce vide avant moi est devenu peu à peu un trou devant moi."

Après plusieurs essais et un premier roman intitulé "Les chagrins", Judith Perrignon nous revient en cette rentrée littéraire avec un roman évoquant un épisode de la ségrégation aux États-Unis et ses conséquences sur notre époque. Elle révoque deux épisodes qui ont un lien entre deux : la noyade de jeunes afro-américains dans une rivière en 2010, et des émeutes lors d'une tentative d'ouverture des piscines aux gens de couleur en 1949. 

Ce roman à plusieurs voix traite le thème de la ségrégation, au centre de nombreux romans, sous un angle original. L'auteure a su trouver les mots pour restituer la violence des émeutes et la difficulté pour les jeunes afro-américains d'aujourd'hui de trouver leur voie, eux qui ont le sentiment de n'être pour les autorités "que des statistiques". Avec son style percutant et agréable, Judith Perrignon donne vie à une petite dizaine de personnages. Parmi eux, elle fait la part belle à Mary Lee, la grand-mère, celle qui a connu les deux époques, celle de la ségrégation et celle des années 2000.
Ainsi, c'est un roman bien mené, bien pensé et bien écrit, un petit coup de coeur de la Rentrée littéraire 2013, que vous pouvez emprunter dès à présent à la médiathèque.

Une part de ciel, de Claudie Gallay


"L’enfance merveilleuse, ces années qui donnent aux choses un goût si différent. C’était ça, exactement. Cette part précieuse que le temps nous gratte jusqu’à l’os." 

Ce roman nous est narré par Carole, enseignante en cuisine et traductrice à ses heures perdues. Elle pose ses valises au Val des Seuls, le village où elle a grandi. Son père, l'insaisissable Curtil, a annoncé son retour. Là-bas, en Savoie elle retrouve son frère Philippe, garde-chasse amoureux des sentiers de randonnée et sa soeur Gaby, qui vit dans une caravane en élevant une fille qui n'est pas la sienne. Tout en attendant son père, Carole se créé une petite routine au Val des Seuls et s'implique peu à peu dans la vie du village. Arrivera-t-elle à renouer avec ce frère et cette soeur qui ont du mal à la comprendre ? A aller au-delà du drame qui a marqué leur enfance ? 

En cette rentrée littéraire, Claudie Gallay nous offre ici un roman intimiste, un roman du quotidien, des petits gestes de tous les jours. Une histoire de famille et de non-dits. La nature et la montagne occupent une part importante dans le récit, avec de belles descriptions. C'est un roman contemplatif et routinier, qui comporte peu d'action. Son intérêt réside dans les relations entre les personnages et dans la vie du village auquel nous avons peu à peu l'impression d'appartenir, tout comme Carole. Le personnage de Gaby est particulièrement attachant. 

Nous vous conseillons volontiers ce roman qui célèbre les choses simples, que vous trouverez à la médiathèque.

Témudjin

  • Témudjin de Antoine Ozanam

Un chaman apprend par les esprits l'arrivée d'un être exceptionnel, Témudjin. Au moment de la naissance, il arrive en retard et ne peut pas sauver la mère. Rejeter par le village, il élève seul Témudjin, qui bien vite montre des dons incroyables. Grâce au chaman, Témudjin apprend les valeurs essentielles du respect, de la compassion, de l'amour et l'importance des esprits qui sont omniprésents. De cette éducation, Témudjin y développe une force et un lien privilégié avec les esprits.

Les croyances et les mythes mongoles sont distillés par touche, ainsi une ambiance exotique s'en dégage. 

 Entre mythe, croyance et Histoire avec un grand H, Antoine Ozanam livre une version personnelle de l'histoire de Gengis Khan.

Un bel album à lire à la médiathèque.

les dormants de Jonathan Munoz

  • Les dormants de Jonathan Munoz
 
Un homme insomniaque rencontre une femme soporifique dans un village isolé et peu accueillant. Voici la trame de départ de cette BD. Les couleurs froides sont magnifiques et font échos à l'état du personnage et distille une ambiance à la limite de la réalité et du rêve. L'histoire oscille entre des situations sombres et légères, entre blessures du passé et espoir du présent.  La relation entre les deux personnages est touchante, car lui qui espère oublier y arrive au contact de cette femme-fille pétillante, collante, mais tellement attachante. Mais, par bribe, son passé ressurgit et il semble inexplicablement coincé dans ses souvenirs. La fin peut décevoir, mais je l'ai personnellement appréciée.

Au final un album plein de poésie, servit par un dessin puissant et une narration finement ciselée. Un plaisir!

Évidemment la BD est disponible à la médiathèque

La dernière guerre, tome 1 : 49 jours, de Fabrice Colin



« Quand tout espoir est perdu et que ton cœur persiste à battre plus fort. Quand ton amour ne dépend plus de l’autre, qu’il ne dépend plus de quoi que ce soit. Là se niche la vraie grâce. »


En 2012, dans le métro parisien, la vie de Floryan prend fin brutalement à cause d'un attentat. Il se réveille dans un monde inconnu, l'Intermonde, fait de montagnes et de vallées. Un Elohim, qui se présente comme un ange, vient à lui et lui offre un choix : soit rejoindre le Royaume, une sorte de paradis, soit se jeter dans le cratère de la montagne du Nihil, dont personne ne sait où il mène. Il a 49 jours pour faire son choix. D'ici-là, Floryan entreprend de découvrir ce monde étrange.

Fabrice Colin offre ici aux adolescents et aux adultes un roman très surprenant, au carrefour de la Fantasy et de la Science-Fiction : il est à la fois question d'un monde imaginaire peuplé de créatures étranges, de voyages dans le temps et de la fin du monde. Il s'amuse avec les frontières du temps et de l'espace et mène son intrigue en préservant le mystère jusqu'au bout. La fin vous prendra de court ! Les descriptions des paysages de l'Intermonde sont magnifiques, et les réflexions sur la vie après la mort très intéressantes.

Vous trouverez ce roman à la médiathèque. Le second et dernier tome sort en librairie en novembre 2013.


Patients, de Grand Corps Malade


« La vie c’est gratuit je vais me resservir et tu devrais faire pareil. »

Grand Corps Malade est connu pour ses slams qu'il a développés dans trois albums studios (disponible à la médiathèque). Avec "Patients", il prend la plume afin de se raconter plus longuement. Il revient aux origines de son handicap - un plongeon dans une piscine trop peu remplie. Il raconte les mois qui ont suivi, passés au sein d'un centre de rééducation, l'accident l'ayant laissé tétraplégique, entièrement paralysé au-dessous du cou. 

Grand Corps malade nous livre un récit, un regard de l'intérieur sur le handicap. Il nous présente des gens courageux qui restent avant tout des êtres humains, avec leurs bons et leurs mauvais côtés. Il nous raconte la perte de l'autonomie, la totale dépendance vis-à-vis du personnel soignant. L'enjeu pour les patients est de regagner de la mobilité, mais surtout de parvenir à renoncer à leur vie d'avant, à se construire une nouvelle existence avec des sources de joies différentes. A faire preuve d'adaptation et de patience. 

Ne soyez pas effrayés par le sujet difficile, en aucun cas ce livre n'est lourd ou pesant. Au contraire, l'auteur insuffle de l'humour et de l'autodérision à ses souvenirs et célèbre les joies simples. Le texte n'est pas slamé, mais il est agréable à lire et l'auteur nous offre régulièrement de bons mots. Il nous propose un texte intéressant sur le point de vue médical et psychologique, qui nous ouvre la porte d'un monde inconnu aux valides et donne une belle leçon de courage. 

Vous pouvez trouver ce récit à la médiathèque, en gros caractères.

Auprès de moi toujours, de Kazuo Ishiguro : à (re)découvrir


« Je pense toujours à cette rivière quelque part, avec cette eau qui coule vraiment vite. Et tous ces gens dans l’eau, qui essaient de se raccrocher les uns aux autres, qui s’accrochent aussi fort qu’ils peuvent, mais à la fin c’est trop difficile. Le courant est trop puissant. Ils doivent lâcher prise, se laisser emporter chacun de son côté. Je pense que c’est ce qui nous arrive, à nous. »

"Auprès de moi toujours" est un roman de l'auteur anglais Kazuo Ishiguro, publié en 2005. Il met en scène Kathy, une femme d'une trentaine d'années qui plonge dans ses souvenirs et nous raconte son histoire, à la première personne. Elle évoque le lycée de Hailsham où elle a passé de nombreuses années en compagnie de ses amis Ruth et Tommy. Là-bas, ils se sentaient privilégiés et protégés du monde. Et pourtant, au fur et à mesure qu'ils grandissaient, leur malaise augmentait. Quelle était leur véritable raison d'être ? Etaient-ils maîtres de leur destin ? 

Dès le départ, ce roman est imprégné d'éléments étranges et l'on se doute que l'histoire qui va nous être contée ne sera pas tout à fait ordinaire. Les souvenirs de Kathy sont émaillés d'indices qui nous mènent peu à peu vers la fin du roman, où le mystère sera enfin entièrement éclairci. L'auteur a su créer une atmosphère particulière avec ce roman, il y a un malaise qui va crescendo. Son histoire est servie par des descriptions de qualités et des personnages peut-être un peu trop résignés à leur sort, qui montrent peu d'émotions. C'est au final un roman surprenant qui brouille les frontières du roman contemporain et du roman d'anticipation. 

Vous le trouverez à la médiathèque, ainsi que son adaptation cinématographique réalisée en 2010 Par Mark Romanek.

libellés : , |

Ghost Money


Une nouveauté à la médiathèque, la BD Ghost Money. En 2020, une jeune britannique Lindsey, croise le chemin de l'une des femme les plus fortunées de la planète, que l'on surnomme "La Dame de Dubaï". Mais un doute plane sur l'origine de son argent. Doute que le nouveau gouvernement conservateur américain souhaite levé par tous les moyens. Un excellente BD d'espionnage. Le scénario est complet, les éléments géopolitiques, bien intégrés, de même que le monde subtilement futuriste.


Les 4 premiers tomes arrivent à la médiathèque!

Articles plus anciens Accueil
Ce blog de la médiathèque de Chassieu est consacré aux documentaires et à la fiction

Recherche par genre

Nos rendez-vous médiathèque

Nos Rubriques


Recent Comments